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Le Mariage de Nikolaï Gogol Au Théâtre du Vieux-Colombier/Comédie-Française par Marie-Laure Atinault

Posté par angelique lagarde le 23 janvier 2012

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Le Mariage © Cosimo Mirco Magliocca

Le Mariage
Comédie en deux actes de Nikolaï Gogol
Traduction d’André Markowicz
Mise en scène de Lilo Baur
Avec Yves Gasc, Catherine Sauval, Laurent Lafitte, Alain Lenglet, Clotilde de Bayser, Laurent Natrella, Julie Sicard, Nicolas Lormeau, Nâzim Boudjenah, Kapilotadov et Géraldine Roguez.
Au Théâtre du Vieux-Colombier/Comédie-Française jusqu’au 26 Février 2012

Le Mariage des Comédiens-Français et de Lilo Baur

Le Théâtre du Vieux-Colombier est fier de vous annoncer Le Mariage des Comédiens-Français et de Lilo Baur, metteur en scène atypique, pour une cérémonie follement enjouée ! Pour tous ceux qui croient encore que le Théâtre Russe est uniquement tragique, ce spectacle devrait balayer toutes les réticences !

Kapilotadov (Nâzim Boudjenah) a bien des soucis, il faut qu’il se marie. Mais comment choisir ? La marieuse, Fiolka  (Clothilde De Bayser) commence à se lasser de ce prétendant qui a la fermeté d’esprit d’une girouette. D’ailleurs chez le jeune homme rien n’est simple, se lever ou ne pas se lever le matin ? Son ami Plikaplov (Laurent Natrella) vient le voir, il est furieux en voyant cette marieuse qui apparemment l’a mal marié. L’union de Kapilotadov devient son affaire et il va tout faire pour la réussite de ce projet et damer le pion à cette maudite Fiolka. La jeune Agafia (Julie Sicard) est un beau parti, elle a du bien et 27 ans. Il faut qu‘elle se marie au risque de devenir une vieille fille. Socialement dans la très Sainte Russie, le mariage est indispensable pour avoir une assise sociale, non seulement pour les femmes, mais également pour les hommes qui se doivent d’avoir cette respectabilité.

Gogol dresse le catalogue des prétendants les plus calamiteux du vieillard cacochyme au radin, en passant par l’imbécile prétentieux, l’officier à la retraite, l’huissier au nom ridicule ou encore le jeune homme mollasson. La marieuse qui lorgne sa récompense promet à chacun sa pratique exclusive. Ils se retrouvent tous dans l’antichambre d’Agafia. Ils sont venus jauger la marchandise et soupeser l’étoffe  de sa fortune… Kapilotadov est un velléitaire qui s’arrange très bien de sa petite vie étroite servi par son valet qui l’a vu naître. Quant à Agafia, qui est un peu nunuche, elle vit sa petite vie entre sa tante et sa domestique. Le jeune homme est le prétendant le plus séduisant qu’on lui  propose. Vraiment quelle jeune femme, mis a part qu’elle soit au bord du désespoir, voudrait pour mari un militaire qui ressasse ses pseudos exploits ou un huissier déplaisant !

Lilo Baur a une familiarité, voire une intimité avec les auteurs russes. Elle aime la démesure de certains comportements, ce mélange des classes sociales et ce ton burlesque qui pointe son museau dès le lever de Kapilotadov avec son domestique pour exploser dans la scène de l’antichambre. Les dialogues frisent avec l’absurde, les personnages avec le burlesque, d’ailleurs  on ne peut que penser aux vieux films muets où le burlesque entraînait les spectateurs dans une folle poursuite. L’habit râpé et retourné, usé jusqu’à la couture de Chikine, le marin à la retraite, a des allures Chaplinesques.

Le décor de James Humphrey est très astucieux, sur un système de roulettes, il permet de ne jamais stopper le rythme qui s’accélère de scène en scènes. La chambre de l’indolent Kapilotadov précède l’antichambre, et en un tour de roulette nous sommes dans l’intimité de la pauvre Agafia. Gogol entraîne ses personnages dans une « aventure parfaitement invraisemblable en deux actes ». Les protagonistes de cette folle journée  sont  des caricatures à la Daumier. Lilo Baur a demandé à Agnès Falque que les costumes soient plus des silhouettes que des reproductions doctement historiques.

Dire que la distribution est formidable, ce n’est rien dire d’Yves Gasc marchand dormant ou domestique, de Catherine Sauval la tante ou de Jean-Baptiste Malartre si drôle en crétin inculte. Alain Lenglet est un Chikine d’une naïveté désarmante, sans oublier Nicolas Lormeau qui compose un Omelette parfaitement indigeste. Vous n’avez jamais vu Clothilde De Bayser attifée de la sorte, elle à qui l’on confie plutôt des rôles de marquise, se révèle une comédienne de composition hilarante. Laurent Natrella est le faiseur de noce, ce comédien a le charme d’un renard à l’affût. Les amoureux contraints sont Julie Sicard que l’on a toujours plaisir à voir et Nâzim Boudjenah, l’indolent Kapilotadov dans une composition des plus comiques. Le Mariage est un spectacle follement réjouissant et finement mis en scène par Lilo Baur !

Marie-Laure Atinault

Théâtre du Vieux-Colombier/Comédie-Française
21, rue du Vieux Colombier
75006 Paris
Réservations : 01 44 39 87 00 / 01
Site : www.comedie-francaise.fr

 

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