• Accueil
  • > Festival Avignon
  • > Beautiful Thing de Jonathan Harvey – Mise en scène de Kester Lovelace au Collège de la Salle – Avignon Off – par Angélique Lagarde

Beautiful Thing de Jonathan Harvey – Mise en scène de Kester Lovelace au Collège de la Salle – Avignon Off – par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 13 juillet 2010

beautifulthing4matthieusalas.png 

Beautiful Thing© Matthieu Sallas

Beautiful Thing
De Jonathan Harvey
Traduction de Pascal Grantelle
Mise en scène de Kester Lovelace

Compagnie Drama Ties
Avec  Tadrina Hocking, Simon Hubert, Matila Malliarakis, Ivan Cori et Aude-Laurence Clermont.
Avignon Off – Collège de la Salle du 8 au 31 juillet à 16h15

Camarades amoureux

Beautiful Thing n’est autre que le récit d’une tendre camaraderie qui va doucement se transformer en une jolie histoire d’amour. La pièce de Jonathan Harvey a connu un franc succès sur les scènes anglo-saxonnes, puis dans l’adaptation cinématographique d’Hettie Macdonald. Après les planches parisienne,  la mise en scène de Kester Lovelace, directeur de la compagnie Drama Ties, est aujourd’hui en Avignon !

Un arc-en-ciel illumine quelques instants le béton de cette banlieue londonienne et nous voilà immédiatement plongés au début des années quatre-vingt-dix dans cette atmosphère si particulière du cinéma anglo-saxon type Billy Elliot ou encore The Full Monty. Les adultes travaillent dur tandis que les adolescents s’ennuient et se questionnent.

La jeune Leah se sent très seule depuis qu’elle a été renvoyée du lycée et fantasme à longueur de journée sur la chanteuse du groupe The Mamas and The Papas, Mama Cass, dont le titre It’s getting better annonce l’enjeu de la pièce : « Once I believed that when love came to me, it would come with rockets, bells and poetry, but with me and you it just started quietly and grew ». Jamie a beaucoup de recul sur les propos philosophiques de Tony, le nouvel amant de Sandra, sa mère qui s’échine derrière un comptoir pour offrir la vie la plus confortable possible à son fils. Et enfin, Ste supporte les coups d’un père qu’on ne verra pas mais qui se fera entendre. Quels que soient leurs objectifs, la lutte sera rude et au risque de plagier le titre bien connu mais tant à propos du film de Patrick Schulmann, Et la tendresse ? Bordel ! .

L’action se déroule sur la petite terrasse attenante aux appartements respectifs des trois adolescents. La scène s’ouvre sur Leah qui passe le temps en fumant des cigarettes roulées. Jamie rentre des cours et la jeune fille lui confie son attirance pour leur camarade Ste. On s’attend donc aux prémices d’amours adolescentes mais peut-être pas là où elles surviendront. Si la joute verbale et l’autodérision sont de mise entre les jeunes gens et leurs aînés, ils ont néanmoins un point commun : la quête de soi. Ste se réfugie régulièrement chez son ami Jamie, et petit à petit entre les deux jeunes garçons, s’immisce un sentiment particulier. Les deux garçons qui se cherchaient se trouvent l’un l’autre.

Les lumières chaudes atténuent la brutalité du béton et confèrent une ambiance romantique à cette charmante comédie de mœurs typiquement britannique et très intelligemment adaptée en français.  La sincérité des protagonistes nous touche et l’on ne peut que sortir avec le sourire aux lèvres et un petit air dans la tête : « You’ve got to make your own kind of music, sing your own special song. Be yourself » (Make Your Own Kind of Music, Mama Cass).

Angélique Lagarde

Collège de la Salle
Théâtre du Gymnase
Place Pasteur
84000 Avignon
Réservations : 04 90 39 19 13
Site de la pièce : www.beautiful-thing.fr

Deux vidéos en bonus !

Bande annonce du film d’Hettie Macdonald :
Image de prévisualisation YouTube

Vidéo dernières répétitions avant la première parisienne au Vingtième Théâtre par Yagg :
Image de prévisualisation YouTube

2 Réponses à “Beautiful Thing de Jonathan Harvey – Mise en scène de Kester Lovelace au Collège de la Salle – Avignon Off – par Angélique Lagarde”

  1. SAMUEL TOUGERON dit :

    Je venais pourtant de passer une journée chargée en émotions au rythme effréné de visites de galeries dans lesquelles exposaient des artistes que j’aime. Et me voici samedi soir dernier 21h35 devant Beautiful Thing, éreinté, je pensais passer à côté de la pièce et en plus il me restait de vague souvenir du film.
    Mais naïf que j’étais, j’avais oublié à quel point un thème aussi fort que la découverte de son homosexualité tout comme celle de la sexualité dans l’univers macabre de la violence familiale et du regard des autres, allait m’émouvoir sans commune mesure.
    Du rire, aux larmes, de la tendresse à une sensualité émoustillant les sens. Voilà ce que je reconnais être une perfection en termes de sensibilité.
    Le sujet de cette pièce aussi percutant soit-il serait loin de nous amener  » à prendre de plein fouet  » le désarroi, la crainte, l’exaltation, la fureur s’il n’y avait le jeu exceptionnel des acteurs.
    A tous je vous dis un grand merci pour m’avoir ainsi tirer vers des sentiments parfois oublié, ne serait ce que l’Amour ou encore la Tolérance.
    Je tiens à témoigner encore plus de reconnaissance à Mitala qui à fait chavirer mon coeur (tu es d’une beauté à faire pâlir d’envie tous les jeunes éphèbes qui ont inspiré tant de peintres ou encore sculpteurs) et à raviver en moi la flamme de l’espérance.
    Mon compagnon quant à lui aura été plus atteint par Ivan, tant par son interprétation que par son physique.
    Tous nous devrions trouver dans cette pièce et ses acteurs ce qui peut manquer à notre psychique pour enfin nous savourer les quelques minutes de bonheur qui nous sont octroyées et que souvent nous laissons passer sans nous en rendre compte.
    J’espère pouvoir encore m’exalter devant Beautiful Thing, Matila, Ivan, Aude-Laurence, Tadrina ou Delphine et Simon.

    A BIENTOT ET MERCI ENCORE…

    SAMUEL TOUGERON

  2. Julien dit :

    Un grand merci pour cette talentueuse adaptation,
    J’étais un peu sceptique au départ, avec déjà en tête mes idées d’une adaptation n’égalant pas le très bon film d’Hettie MacDonald.
    La pièce partait donc avec des points de retard.
    Puis lumière sur la scène, Mama Cass dans nos oreilles, j’entre dans ce monde qui m’était déjà familier. Entre fous rires et larmes, on se retrouve un peu dans toutes ces personnes perdues à la quête du soi. D’un soi difficile, écorché, caché, qui une fois extériorisé ne peut être que beau, malgré le regard des autres. Seul importe son regard.
    Un véritable moment d’émotion qu’on voudrait garder avec soi en quittant le théâtre.

 

ndiheferdinand |
sassouna.unblog.fr/ |
pferd |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Konoron'kwah
| Montségur 09
| INTERVIEWS DE STARS