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A mon âge, je me cache encore pour fumer au Collège de la salle – Avignon Off – par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 9 juillet 2015

A mon âge, je me cache encore pour fumer au Collège de la salle - Avignon Off - par Angélique Lagarde dans Spectacles affiche-amonage-avignon-v2-202x300

A mon âge, je me cache encore pour fumer
De  Rayhana
Mise en scène et Scénographie de Fabian Chappuis
Avec Julie Kapour, Elisabeth Ventura, Taïdir Ouazine, Catherine Giron, Rébecca Finet, Myriam Loucif,  Maria Laborit et Paula Brunet
Au Collège de la salle à 20h40 / Avignon OFF

Corps de femmes, maux universels

Rayhana, auteure d’origine algérienne a choisi de mettre en exergue les maux de nos sociétés contemporaines au travers des paroles de neuf femmes réunies dans ce lieu hautement symbolique qu’est le hammam, temple de la mise à nu. Après Marie Stuart, avec A mon âge, je me cache encore pour fumer Fabian Chappuis poursuit cette mise en lumière de la force d’une voix de femme et de sa dimension politique au sens originel du terme. 

trans dans Spectacles

Neuf femmes se racontent et ce sont autant de tranches de vie qui dévoilent plus que le quotidien, l’universel. La pièce s’ouvre sur Fatima, « masseuse en chef », c’est elle qui à son âge, la cinquantaine, se cache encore pour fumer. Une jeune femme en détresse, Myriam, vient frapper violemment à la porte du hammam, elle « a attrapé » une grossesse et fuit son frère qui veut tout simplement la tuer si elle ne fournit pas de certificat de virginité. Fatima accepte de la cacher pour la protéger. Entre ensuite Samia, la jeune masseuse que nous prenons en affection au premier pas sur scène, désarmante de sincérité, elle attend le grand amour. Se succéderont enfin les clientes : l’institutrice épanouie dans son couple, la femme au foyer qui trouve son plaisir dans les bras de son beau-frère, l’étudiante émancipée, l’immigrée en France, la jeune intégriste et celle qui a un fils à marier.

Le metteur en scène Fabian Chappuis tient à nous démontrer ici que « le sexe même de la femme devient politique ». Des passages difficiles soulèvent le rapport délicat de l’intime au pouvoir. Nous pouvons concevoir certains postulats avec nos oreilles occidentales mais non pas les comprendre. Les tabous sont levés, on aborde le mariage forcé de l’une, la frustration de l’autre, et plus largement l’incapacité de l’homme à comprendre la femme dans son rapport au plaisir. Selon lui,   « le corps des femmes est ce par quoi la violence des hommes arrive. Mais il est aussi le dernier rempart qui protège l’intime », cet intime dévoilé par le rapport au corps de l’autre, par la simple action d’accepter d’être lavé, massé par d’autres mains.

La plume de Ryhana, trempée d’humour, nous délivre ces maux de femmes qui nous racontent à la fois un pays, une nostalgie, un exil, une délivrance mais par-dessus tout confèrent un véritable sens au mot générosité. Le décor épuré mais extrêmement significatif est composé d’un bloc central qui à l’aide d’un jeu de lumières subtil peut devenir une scène de théâtre qui invite ces neufs femmes à exulter tour à tour leurs douleurs et leurs rêves.

Bab el Oued, Paris, New-York ou Bamako, qu’importe… Ce n’est pas l’origine qui fait la femme, mais sa capacité d’amour universel. Si le propos est parfois grave, le ton est léger et beaucoup est dit dans le geste, dans le pas, dans le regard ou dans une simple cigarette fumée en cachette…

Angélique Lagarde

Collège de la Salle
3 place Louis Pasteur
84000 Avignon
Réservations au 04 32 76 20 12

 

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