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La Famille Schroffenstein au Gymnase du Lycée Saint Joseph – Festival d’Avignon par Marie-Laure Atinault

Posté par angelique lagarde le 19 juillet 2014

La Famille Schroffenstein © Christophe Raynaud de Lage

La Famille Schroffenstein © Christophe Raynaud de Lage

La Famille Schroffenstein
De Heinrich Von Kleist
Traduction d’Eloi Recoing
Mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti
Avec les élèves comédiens de l’Ensemble 21/promotion 2011-2014
Au Gymnase du Lycée Saint Joseph – Festival d’Avignon – du 16 au 19 juillet

Tuer les tous je reconnaîtrai les miens !

Il y a des haines que l’on se transmet de générations en générations. Les enfants ne savent pas toujours pourquoi. La Famille Schroffenstein fait débat. Quelle bonne idée de présenter la première pièce de Kleist lors de ce festival où l’on  a pu revoir Le Prince de Hombourg que certain tienne pour son chef d’œuvre. Le même metteur en scène, Giorgio Barberio-Corsetti empoigne cette pièce de jeunesse (1802) dans laquelle on sent poindre La petite Catherine de Heilbronn. Kleist puisse dans les légendes de la Forêt noire, les contes moyenâgeux pour ce drame terrible qui nous évoque Roméo et Juliette.

Kleist situe la Famille Schroffenstein dans le royaume de Souabe au Moyen Âge. De cela sur scène nous ne verrons rien. Giorgio Barberio-Corsetti a une addiction très nette pour les plans inclinés, que ce soit pour  Le Prince de Hombourg cette année à la Cour d’honneur ou à la Comédie Française pour l’excellent Un chapeau de paille d’Italie. Plusieurs praticables en métal et en bois sont assemblés pour former la montagne, un palais, une grotte. Parfois le changement est un peu fastidieux et ralentit l’intrigue alambiquée.

L’histoire raconte la lutte immémoriale des  Warwand et les Rossitz, deux branches de la Famille Schroffenstein. Ils se haïssent et s’accusent mutuellement de vouloir exterminer les leurs afin de prendre possession de tout l’héritage. Sur le cercueil d’un enfant mort, on jure vengeance. Sans chercher à savoir si la mort est naturelle ou pas. Ottocar et Agnés s’aiment mais ils ne peuvent pas assouvir leur passion,  comme Roméo et Juliette, ils appartiennent à des maisons ennemies. Un destin chagrin, une véritable malédiction accablera l’amour pur des jeunes gens. L’obstination, l’aveuglement imbécile de l’un, la faiblesse de l’autre conduira cette famille terrible à s’entre-tuer et comble de malheur à tuer ses propres enfants.

Les situations extrêmes avec des sentiments exacerbées font rire les spectateurs de 2014, peu sensibles aux malheurs de cette famille peu recommandable.  La pièce est foisonnante avec des traîtres, des âmes nobles, des grands seigneurs retors, des évanouissements. C’est une véritable saga ! Un élan lyrique, une violence trouble, une poésie débordante constituent cette pièce de jeunesse, qui balancent le public du rire aux larmes. Parmi les jeunes comédiens de l’ERAC, on reconnaît certains soldats du Prince de Hombourg. Les deux spectacles se répondent, se nourrissent. Nous avons gentiment brocardé Giorgio Barberio-Corsetti pour ces plans inclinés qu’il affectionne, mais il a réussit son pari. Il a su donner un sens à la langue poétique de Kleist. Le jour ou nous avons vu le spectacle, les malheurs des Schroffenstein semblaient ennuyer une partie du public, mais les plus jeunes étaient captivés par cette histoire où les amants sont les victimes de cette vendetta imbécile. Ces jeunes comédiens sont formidables. Même si nous avons remarqué particulièrement Maximin Marchand, Juliet Prier et Alexandre Finck, ils parviennent tous à nous émouvoir en se jetant avec fougue dans le tourbillon de cette grande fresque romantique !  

Marie Laure Atinault

 

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