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Françoise Pons au Guichet Montparnasse – Rencontre en coulisses par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 2 octobre 2012

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Françoise Pons © Benoit Fortrye

Il était une femme, sur les ailes de l’amour
Mise en scène de Jacques Dutoit
Avec Françoise Pons au chant
et Piotr Odrekhivskyy à l’accordéon
Au Guichet Montparnasse
Les mercredis et vendredis à 19h jusqu’au 28 décembre

5 x 2 invitations par représentation à gagner les vendredi 5 et mercredi 10 octobre à 19h en réservant vos places au 0899 65 25 45 (1,35€ par appel + 34 cts/min). Valable dans la limite des places disponibles !

Un Opéra Cabaret qui chante l’amour

Nous sommes ravis d’échanger quelques mots avec Françoise Pons, soprano actuellement à l’affiche du spectacle Il était une femme, sur les ailes de l’amour au Guichet Montparnasse. Nous vous conseillons vivement ce moment exceptionnel que notre artiste qualifie si bien d’Opéra Cabaret… Ouvrez grand les cœurs et les oreilles !

Kourandart : Françoise Pons, vous êtes actuellement à l’affiche avec Il était une femme, sur les ailes de l’amour, un titre qui donne très envie de découvrir ce qui se trame sous ses ailes de l’amour… Est-ce une ode à la femme, à l’amour, aux chansons d’amour ?

Françoise Pons : C’est une ode à l’amour principalement, à la femme amoureuse qui traverse les étapes de l’amour de la jeunesse à un âge plus avancé…

KA : Comment s’est créé ce spectacle ?

FP : Ce spectacle est né de l’idée du metteur en scène Jacques Dutoit qui m’a repérée lors d’un précédent spectacle musical que je donnais. Il m’a demandé si cela pouvait m’intéresser de travailler sur ce répertoire qu’il a constitué de chansons anciennes, françaises pour la plupart, un peu oubliées… Ce sont des chansons des 17eme et 18ème siècle en majorité. J’ai accepté et nous avons alors décidé de tisser une sorte de spectacle autour de ces morceaux en essayant d’évoquer la vie et les amours d’une femme.

KA : Peut-on raconter l’histoire de cette femme en quelques mots, de ce qu’elle traverse ?

FP : Oui, en fait cette femme apparaît au début du spectacle dans sa toute jeunesse, presque son enfance et peu à peu, elle grandit et elle traverse la vie, elle rencontre un amour ou des amours… Ce n’est pas vraiment une histoire à lire au pied de la lettre, nous nous sommes plutôt servi des textes existants pour décrire les amours de cette femme, de sa plus tendre enfance à sa vieillesse. Et puis, elle va traverser des orages, des disputes, des deuils, des séparations, des trahisons, etc…

KA : Quand vous parlez de chansons anciennes, s’agit-il d’airs d’opéra, d’opérette, de chansons populaires ? Sur quel registre situeriez-vous ce répertoire ?

FP : On est sur un registre de chansons plutôt populaires mais tellement anciennes qu’on ne sait pas trop si ce sont des « airs de cours » comme on les appelait à l’époque, qui sont devenues des chansons populaires ou si elles l’étaient déjà. Tout cela se confond donc un peu et s’harmonise entre « airs de cours », menuets et thèmes populaires pour nous donner à entendre des voix de femmes parler aux époques de Louis XV et Louis XVI.

KA : Le spectacle semble évoquer aussi le thème des pastorales avec cette récurrence de la figure de la bergère…

FP : Le thème de la bergère c’est en quelques sortes une façon de nommer les femmes à l’époque. En effet, sur le mode la pastorale on appelait les femmes des bergères et les hommes des bergers.

KA : Il y a aussi une part d’improvisation dans le spectacle.

FP : Oui, il y a quelques improvisations, mais il y a aussi quelques airs plus contemporains qui sont directement sortis par exemple des répertoires d’Offenbach, Berlioz, Ravel, Britten ou encore Chausson, des mélodies qui sont donc un peu plus contemporaines et qui reprennent le thème évoqué avec les chansons plus anciennes et qui le revisitent. Et donc oui, il y a aussi des improvisations qui pour le coup sont franchement contemporaines puisque nous les faisons à deux avec Piotr en direct! (rires)

KA : Vous avez déjà collaboré avec Piotr Odrekhivskyy sur un précédent spectacle…

FP : Oui, justement, nous avions déjà fait un premier spectacle mis en scène par Claude Merlin avec Blandine Bernard qui est mezzo et donc moi-même soprano. C’était un voyage sur les routes d’Europe avec les grands compositeurs qui se sont inspirés du folklore. C’était le spectacle De si de là avec lequel nous avons tourné assez longtemps.

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Il était une femme, sur les ailes de l’amour © Benoit Fortrye

KA : Françoise Pons vous êtes donc bien évidemment chanteuse, soprano, mais aussi comédienne notamment auprès de Claude Merlin, peut-on revenir sur ce double parcours ?

FP : Mon premier parcours c’est la musique mais il est vrai que je n’ai eu de cesse de me former au jeu parce que je pense que le métier de chanteuse est difficilement dissociable pour moi du métier de comédienne. Je suis une chanteuse interprète parce que je ne suis pas comédienne dans le sens où je ne vais pas dire un long texte, plutôt des petites séquences. Me dire véritablement comédienne me ferait très peur, tout comme les acteurs ont peur de chanter ! (rires) Donc, j’ai essayé de rencontrer des metteurs en scène, des gens de théâtre pour apprendre à vraiment incarner les mélodies au plus près du texte.

KA : Vous avez participé à des aventures plus théâtrales, à des pièces ?

FP : Oui, parce que justement Claude Merlin m’avait demandé de participer à une pièce qui s’appelait Le Fumier, un texte symboliste de Saint-Paul Roux, très beau texte que j’ai beaucoup aimé. J’avais un rôle un peu plus chantant que les autres personnages, mais j’étais quand même aussi dans le texte. J’ai eu un rôle ! (rires) Je disais beaucoup les didascalies… Enfin, c’était un très beau processus, sous forme de chœur

KA : Grâce à toutes ces expériences, Françoise Pons vous avez aujourd’hui un mode d’interprétation du chant lyrique bien à vous…

FP : Disons que ma façon à moi d’interpréter ce parcours de chanteuse lyrique c’est de faire des petites formes où le récital n’est plus donné comme un récital, mais donné d’une façon opératique dans un tout petit contexte, pour amener cette musique au plus près des gens. C’est pourquoi le choix par exemple d’un petit lieu comme le Guichet Montparnasse.

KA : C’est une façon de démocratiser l’art lyrique cette intimité ?

FP : C’est presque une vocation pour moi d’amener cette musique de cette façon là au plus proche du public. Comme si je fais quelque chose comme de « l’Opéra Cabaret » (rires).

KA : « De l’Opéra Cabaret », voici une définition qui vous convient parfaitement ! La beauté du chant lyrique dans la proximité. Et quels sont justement les retours des spectateurs ?

FP : Je pense que le public est touché, enfin j’espère en tous cas, parce que la proximité comme ça d’une voix lyrique je crois que c’est au plus près de l’émotion qui me traverse et donc la voix  c’est  un instrument qui parle sans fards.

KA : Est-ce que vous vous appuyez sur la narration ? Au fil du spectacle, il y a une intensité dramatique et émotionnelle qui monte … Qu’est-ce qui se passe dans votre tête pour parvenir à rester juste et à faire monter cette émotion ?

FP : Ça, je ne sais pas comment l’expliquer… Je pense que je me plonge dans une personne qui vit ces histoires-là, c’est-à-dire, je pense que je ne suis plus moi. Je crée une histoire et je la vis du début à la fin, je nais à l’amour, c’est mon imaginaire qui parle quand je suis sur scène. Je suis immergé dans un autre monde. Je suis dans un rêve…

KA : On a évoqué la poésie, le lyrisme, l’émotion… mais on rit aussi ! Et sans évidemment narrer tout le déroulé de la représentation, la touche humoristique est très appréciable.

FP : Oui ! Disons que ça c’est un petit peu au plus profond de moi. Quand  je vais voir quelque chose au théâtre ou écouter un concert, je pense que c’est le rire et l’émotion qui vont me faire vibrer, me transporter et donc je crois que quand  je donne un concert ou que je suis sur un spectacle c’est pareil. Je pense que ce sont des choses qui m’animent et donc je me prends à ces sentiments et ces émotions qui me traversent et je veux les communiquer. Et donc le rire c’est vrai que j’aimerais le travailler encore, j’adore le clown, j’adore tout ça, donc je le fais malgré moi, je le fais comme je peux…

KA : Avec sincérité et c’est ça qui fonctionne !

FP : Oui, sans filtre !

KA : C’est beau de finir sur un rire, un sourire.

FP : Oui parce qu’il y a plein de choses tristes dans le spectacle aussi, j’espère atteindre la gravité… Parce que l’amour c’est tout ça, c’est profond, c’est léger, c’est aussi parfois très douloureux et puis finalement, il y a quand même une grande philosophie à en rire, c’est une philosophie le rire !

KA : Ce serait la morale de l’histoire, quoi qu’il arrive, il faut savoir en rire !

FP : Voilà !

KA : Merci beaucoup Françoise Pons, nous vous retrouvons au Guichet Montparnasse, les mercredis et vendredis à 19h jusqu’au 28 décembre.

Propos recueillis par Angélique Lagarde

Guichet Montparnasse
15, rue du Maine
75014 Paris

 

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