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11ème Festival du Cinéma Israélien au Cinéma des Cinéastes par Colette Attal

Posté par angelique lagarde le 26 mars 2011

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11ème Festival du Cinéma Israélien
Au Cinéma des Cinéastes du 23 au 29 mars 2011

Un cinéma fort avec peu de moyens

Soirée très réussie et salle comble, en présence de l’Ambassadeur d’Israël en France et de nombreuses personnalités, le 22 mars dernier, avec le film d’ouverture The Matchmaker (le Marieur), inspiré du roman Les gens indispensables ne meurent jamais (éd.Gallimard) du jeune Amir Gutfreund, sélectionné par le Jury du Prix littéraire 2008 de la Fondation France Israël. Le festival du cinéma israélien nous fait découvrir des cinéastes et acteurs talentueux dans des films inédits et variés, d’une grande profondeur.

Dans The Matchmaker, le réalisateur Avi Nesher met en scène, à travers le regard naïf d’un adolescent de 16 ans qui va découvrir un monde totalement imaginaire et hors du temps, un survivant de la Shoah, 60 ans, agent matrimonial, personnage indispensable pour réunir des êtres, et son jeune assistant, Arik. Un excellent film, plein d’émotion, qui se déroule dans un quartier populaire de Haïfa, en 1968, dans une atmosphère trouble et qui aurait pu avoir pour titre « Chacun doit avoir sa chance ».

Cette 11ème édition met en évidence les réalisateurs russes dont la communauté est fortement investie dans la vie culturelle israélienne. Il est également placé sous le signe de la littérature puisque certains longs-métrages sont adaptés de romans d’auteurs reconnus, comme David Grossman pour le Livre de la grammaire intérieure, film d’une grande sensibilité, situé à Jérusalem au début des années soixante, et superbement interprété par le jeune Aaron Kleinfeld. Dans Balle à Blanc, de Haim Bouzaglo, on traite de sécurité intérieure israélienne en 2004, lorsque le Premier Ministre, Ariel Sharon, qui vient d’annoncer son intention de retirer ses troupes de la bande de Gaza, reçoit des menaces de mort.

Dans la sélection des documentaires, sont très forts et très intéressants ceux de la réalisatrice Esti par le « Focus sur Esti ». Le premier, Les fous, tourné en 1991 traite de la folie. Esti retourne à l’hôpital 16 ans après y avoir séjourné en tant que malade, mais cette fois avec une caméra. Selon elle, « Israël est pays de fous, Israël mange ses habitants, mais c’est un paradis… Et aussi, vivre c’est dangereux »…Dans le deuxième, elle filme Talila Shapira, grande actrice comique, décédée d’un cancer à 45 ans. Lors du tournage, Talila se savait malade, mais ignorait qu’elle n’en avait plus que pour six mois à vivre. Et dans le troisième film, dont nous sommes encore sous le charme, Voyage en Israël, Esti nous fait visiter, à sa façon, la Terre promise qu’elle a quittée 20 ans auparavant pour vivre à Paris. En passant par le célèbre Kibboutz Ein Guedi, par la Mer Morte où des monstres sont couverts de boue, elle nous fait rencontrer un personnage extraordinaire, un bédouin pacifique et amoureux de la poésie, et nous entraîne dans une visite inouïe  à la recherche d’un Casino chez les Palestiniens, car interdits en Israël. Et puis c’est étonnant et formidable de voir Israéliens et Palestiniens jouer autour d’une même table à des jeux de hasard.

Une telle richesse et variété de films durs et profonds ne pourra que vous toucher, vous faire rire et pleurer. Pour Monsieur Bertrand Delanoë, séduit par ce festival qui est une aventure à la fois artistique et humaine, « le cinéma israélien est, par sa liberté de ton et d’inspiration, par son irrévérence, par son originalité, une grande leçon d’humanité ». Pour Monsieur Yossi Gal, Ambassadeur d’Israël en France, « ce festival, devenu le point de rencontres le plus important pour le cinéma israélien en France, revient cette année là où il a vu le jour, au chaleureux Cinéma des Cinéastes. Il remarque avec admiration la forte présence de la culture israélienne et notamment, de celle du cinéma, en France». Il est convaincu que la culture est le meilleur ambassadeur dont Israël puisse rêver.

Nicole Guedj, présidente de la Fondation France Israël, se félicite de la programmation diversifiée, et c’est précisément l’image de cette société métissée et plurielle que leur fondation a voulu montrer… « Et puisse ces arts nouveaux porter encore plus haut l’étendard de l’amitié franco-israélienne. » Quant à Pascal Elbé, Président d’honneur de ce 11ème festival, il est fier et se réjouit d’en  être le nouvel ambassadeur. Le cinéma israélien le touche et l’impressionne : « Loin des clichés et des raccourcis paresseux qui circulent depuis longtemps sur Israël, il nous donne le pouls de cette société nouvelle en constante évolution… Le cinéma israélien est universel et sans frontière… et va encore nous surprendre… ». Enfin, nous vous conseillons un film documentaire actuellement à l’affiche à ne pas manquer, d’une rare puissance, Precious Life de Shlomi Eldar, l’épopée d’un enfant palestinien né sans système immunitaire sauvé par un docteur israélien. Bonne fin de festival et ne manquez pas la prochaine édition !

Colette Attal

Cinéma des Cinéastes
7 avenue de Clichy
75017 Paris
Site : www.isratim.co.il

 

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