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L’Avare de Molière – Mise en scène de Jean-Philippe Daguerre au Théâtre des Variétés par Philippe Delhumeau

Posté par angelique lagarde le 22 février 2011

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L’Avare
De Molière
Mise en scène de Jean-Philippe Daguerre

Avec Didier Lafaye, Stéphane Dauch, Flore Vanier-Moreau, Marie-Jo Buffon ou Laurence Pollet-Villard, Johann Dionnet ou Antoine Guiraud, Christophe de Mareuil, Pierre Benoist, Stéphanie Wurtz, Bruno Negri et Philippe Arbeille.
Au Théâtre des Variétés dans le cadre du festival Coups de Théâtre – Molière s’invite au théâtre jusqu’au 16 avril
Le vendredi 25 février à 14h et tous les samedis de mars et avril à 14h

L’Avare hisse Molière aux Variétés

Molière s’invite pour la seconde année consécutive au Théâtre des Variétés pour ce festival Coups de Théâtre dans un cadre magnifique. L’enthousiasme se lit sur les visages des enfants (à partir de 7 ans). Accompagnés de leurs parents, ils deviennent pour un temps les témoins privilégiés de L’Avare, un chef d’œuvre du répertoire de Monsieur Poquelin. Un opus magistralement mis en scène par Jean-Philippe Daguerre.

Le rideau s’ouvre sur une scène dévoilant la sobriété du décor habillé en toile grise. Ainsi, sont recouverts les éléments du mobilier comme pour les préserver d’une usure intemporelle. La musique, composée par le duo Ego moi je, déculpabilise le silence éphémère en glissant des notes jazzy légères et subtiles. Une essence sonore urbaine agréable en prélude à la pièce.La scène est partagée en arrière-plan par un voile opaque. Furtivement, deux ombres y passent à la hâte, une pelle à la main.

Elise (Marie-Jo Buffon) et Cléante (Johann Dionnet), les enfants du vieil Harpagon, conspirent à mots couverts. Elise avoue à son frère son amour pour Valère et Cléante, de lui dire en retour le sien pour Marianne. A n’en point déplaire à leur acariâtre de père, ils n’osent lui annoncer le penchant où leur cœur oscille mutuellement. Les histoires d’amour se concluent en principe au XVIIème siècle par un mariage. Qui dit fête nuptiale, dit bourses déliées, in situ, cassette à soulager. Harpagon (Didier Lafaye) n’est pas père à s’en laisser décompter. Il se joue de Cléante en faisant fi de ses sentiments éprouvés pour Marianne (Flore Vanier-Moreau). Le frivole sexagénaire s’attache autant à la ravissante jeune fille qu’à sa cassette adorée et protégée. Enfin, jusqu’à ce moment où Harpagon exulte, de colère mêlée d’effroi, la fameuse réplique « Au voleur! au voleur! A l’assassin! au meurtrier! Je suis perdu! On m’a volé ma cassette! ». Maître Jacques (Pierre Benoist) accuse injustement Cléante à son père et devant l’autorité représentée par maître Simon (Bruno Negri). Harpagon considère désormais son fils en tant que créancier et rival.

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La scène de la cassette, figée dans les mémoires depuis le 09 septembre 1668 (date de la première représentation jouée sur le théâtre du Palais Royal devant Louis XIV), aboutit à une folie exubérante. Laquelle balaie d’un coup les préjugés et les excuses occasionnés par la pathologie, qu’est l’avarice. Cette scène est la clé de voûte de L’Avare. La mise en scène a judicieusement porté en exergue l’excentricité et les ridicules excès de ladrerie d’Harpagon. Le vol de la cassette montre un homme extraverti, abattu et révolté, déshabillé de son trésor, revêtu d’inimitié et de dégoût contre son fils. Harpagon harponne le destin de Cléante ramené à sa cause qu’il croit  recevable et juste. Au XVIIème siècle, toute vérité est bonne à dire. Sinon, la sentence conduit directement à la potence.

D’intrigue, la plume de Molière n’en fit point étal. En guise, une histoire mélangeant adroitement les sentiments, la cupidité, le ridicule de situations et la raison du cœur en heureux dénouement. Jean-Philippe Daguerre a mis en scène L’Avare dans la lignée des grandes pièces du répertoire classique qui sont siennes. Sa faculté de réaliser des spectacles de qualité relèvent de l’importance qu’il porte à l’écriture de Molière, jusque dans ses moindres détails. Les pièces de Molière sont basées sur les principes de la faculté humaine à se dépasser et se surpasser, à plaire et à déplaire, rire et faire rire.

Jean-Philippe Daguerre se sert de ces fondements pour assurer dans le plus grand respect de l’esprit de Molière, des représentations susceptibles d’intéresser les amoureux du beau Théâtre. Ses mises en scène rajeunissent le Répertoire. La troupe interprétant L’Avare respire la fraîcheur de la vie, la jeunesse portée dans l’énergie déployée et la spontanéité dans l’exercice de la réplique. Si l’ensemble des comédiens donne le meilleur avec générosité et passion, ils apportent surtout au public, petits et grands, le plaisir d’aimer les grands textes. Une mention toute particulière à Marie-Jo Buffon (dans le rôle d’Elise) et Johann Dionnet (interprétant Cléante) pour leur première grande scène. Une brillante prestation doublée d’un talent confirmé. Prix de l’excellence pour Flore Vanier-Moreau (l’interprète de Marianne) ; la profondeur de son regard ressemble à l’expression des visages des Danseuses de Degas, émotions et sensibilité à fleur de bonheur, une comédienne magnifique. L’Avare dans la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, par cette superbe troupe, offre du grand Molière. « Aimer le théâtre, c’est aimer Molière et réciproquement ».

Philippe Delhumeau

Théâtre des Variétés
7, Boulevard Montmartre
75002 Paris
Métro Métro Grands Boulevards ou Richelieu Drouot
Réservations au 01 42 33 09 92
Pour le festival, voir détails des dates et horaires sur le site : www.theatre-des-varietes.fr

 

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