Ben – Rencontre en coulisses par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 29 novembre 2010

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Ben © Julien Cauvin

Prolongations au Théâtre Le Temple à partir du 11 janvier

Du stand up au calembour !

N’hésitez pas à pousser la porte, sur l’une des petites scènes du Temple, Cedric Benabdallah nous raconte « ses amis, ses amours, ses emmerdes » ou plutôt celle de Ben et c’est absolument jubilatoire. Entre quotidien et calembours, le stand up rencontre François Rollin et le public médusé se fait un nouvel ami !

Kourandart : Comment Cedric Benabdallah est-il devenu Ben ?

Ben : C’est un surnom qui me vient du collège, il y a donc très longtemps… Et quand j’ai commencé à me produire dans les scènes ouvertes, c’était plus facile. Quand je me présentais comme Cedric Benabdallah, il y avait toujours un regard sceptique, Ben, c’était plus évident !

KA : Vous êtes aujourd’hui au Théâtre Le Temple après deux ans de succès au Point Virgule. Vous seriez à la frontière du stand up et d’un humour peut-être un peu plus décalé avec beaucoup de jeux de mots notamment… Comment avez-vous conçu ce spectacle ?

B : C’est le premier donc je n’ai pas encore de règles, j’ai fait un peu comme j’ai pu (rires). J’ai commencé par écrire des petits sketchs de cinq minutes que j’ai testés dans les scènes ouvertes et les cabarets. Ensuite, quand j’en ai eu un certain nombre, j’ai essayé de faire un assemblage et de créer des liens entre chacun, d’emboîter les pièces pour construire un puzzle cohérent. Finalement, ça répond à des envies spontanées de jouer avec un sujet.

KA : Les thèmes que vous abordez sont quotidiens, dans le bon sens du terme, vous créez ainsi une proximité avec le public, vous donnez l’impression de vous confier à un ami…

B : Il est vrai que le spectacle a évolué et en effet, ce que vous décrivez a commencé à se créer sur la deuxième saison au Point Virgule pour arriver à ce résultat aujourd’hui. Le spectacle continue à évoluer au fur et à mesure que je le joue, j’en enlève un peu ici pour en remettre là…

KA : Avant ce seul en scène, vous avez fait partie du Jamel Comedy Club, ce fut un tremplin pour vous ?

B : Pas véritablement parce que je faisais déjà de la scène avant, même si beaucoup de gens m’ont vu là pour la première fois. Je l’ai plutôt vécu comme une promotion médiatique intéressante, mais il n’y a pas eu d’énorme différence entre avant et après. Puis ça m’a aussi permis de créer des liens dans le métier, ne serait-ce que toute l’équipe du Jamel Comedy Club qui brassait pas mal de monde. Au final, je n’ai fait que deux apparitions, c’était très ponctuel, mais il y a eu un certain nombre de diffusions sur Internet et certains m’ont découvert aussi comme ça.

KA : Vous avez également été chroniqueur sur France 4…

B : Oui, j’avais une petite rubrique dans l’émission « Les agités du bocal » qui passait le dimanche. J’ai fait ça sur toute l’année 2007, de janvier à décembre, juste avant que je reprenne le spectacle au Point Virgule. Cela dit je l’avais déjà joué dans une autre forme en 2006 aux Blancs Manteaux.

KA : Aujourd’hui vous êtes sur France Inter aux côtés de Stéphane Bern dans « Le fou du roi », comment est née cette aventure ?

B : J’ai rencontré l’équipe au Festival du Rire de Montreux. Ils présentaient l’émission en direct du festival et Stéphane Bern a animé un gala dans lequel j’étais invité. Ça s’était plutôt bien passé pour moi dans le festival donc ça m’a permis de me faire remarquer un peu et j’ai donc pu leur dire ouvertement que j’aimerais bien participer à l’émission. Ils m’ont laissé ma chance. Je ne le fais pas de manière continue, je m’arrête de temps en temps, quand j’ai des tournages par exemple, mais ça fera trois ans en janvier. Il n’y a pas de jour fixe mais on va dire que c’est une chronique hebdomadaire, en général autour de l’invité, mais rien ne m’est imposé.

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KA : A l’origine, vous avez une formation de comédien ?

B : J’ai plutôt appris sur scène. J’ai fait une école de théâtre, mais ce n’était pas Le Cours Florent ou le conservatoire. J’ai pris des petits cours associatifs, trois heures par semaine pendant deux ans. On ne peut pas véritablement parler de formation théâtrale, c’était un atelier pour débutants. Après, j’ai continué l’apprentissage sur scène, je n’avais pas les moyens de me payer une école de théâtre. J’ai donc fait beaucoup de scènes ouvertes. J’écrivais mes textes et je les jouais. Puis, j’ai fini par me faire remarquer par l’équipe du FIEALD au Théâtre Trévise, je suis entré dans l’équipe d’animation puis j’y suis resté pendant deux ans. Ça m’a obligé à écrire régulièrement des textes, à avoir une pratique de la scène. 

KA : Et vous êtes vite parvenu à en faire un métier ?

B : J’ai arrêté d’avoir un job alimentaire à côté en 2003, quand je suis rentré dans l’équipe du FIEALD. Et je me suis dit c’est l’occasion de me consacrer exclusivement à ça. De toutes façons, je n’avais pas vraiment de plan B. J’ai grandi en province et je n’avais pas spécialement l’intention de faire ça, je ne savais pas trop ce que j’allais faire en fait. Puis, je suis arrivé à Paris à l’âge de vingt ans, un peu par hasard. Je m’ennuyais un peu à Nevers et j’avais un ami d’enfance qui était monté à Paris. Au début, je suis venu quelques week-end faire la fête, puis après, je me suis installé un peu chez lui et finalement je me suis installé tout court. C’est vraiment une fois que j’étais à Paris que j’ai découvert tout ça.

KA : Alors, c’était un peu vrai ce que vous évoquez dans le spectacle, les affres de l’arrivée à Paris, le premier appartement…

B : Il y a toujours une part de vrai dans ce que je raconte sur scène, mais je n’ai pas voulu dénoncer quoi que ce soit. Les gens souvent me parlent de ça par rapport à mon nom de famille, mais moi je m’en suis juste servi comme un prétexte pour le sketch. Ce nom ne m’a finalement pas porté préjudice pour trouver un appartement, en tous cas, pas que je sache ! On ne m’a jamais raccroché au nez de manière aussi violente que je le fais dans le spectacle, non, ça c’était juste un prétexte pour amener une situation comique.  

KA : Sur scène, vous paraissez très à l’aise, c’est fluide du début à la fin, mais pour vous, quels sont les moments du spectacle que vous préférez, où vous vous sentez le mieux ?

B : Merci, j’essaye… Ça dépend des soirs, en ce moment, j’aime bien le passage sur l’histoire avec mon père, quand il m’accuse de lui avoir volé dix euros puis qu’après je raconte que je lui ai volé la télé. J’aime bien le passage sur mon nom aussi, sur mes origines.

KA : Avez-vous des modèles ? Qui vous fait vraiment rire ? Qui vous a donné envie de faire ce métier ?

B : Les gens qui m’ont donné envie de faire ce métier sont totalement inconnus. Ce sont les jeunes humoristes que j’ai vus quand j’allais aux scènes ouvertes en tant que spectateur dans les petits cafés-théâtres. Ensuite, dans les artistes plus confirmés, il y a eu François Rollin, Pierre Palmade et Philippe Lelièvre entre autres.  François Rollin, par exemple, est venu me voir et je suis content, je crois qu’il m’aime plutôt bien et maintenant, il est au courant de l’admiration que j’ai pour lui…On s’est revu plusieurs fois, on a même collaboré et il n’est pas impossible qu’on le refasse.

KA : Qu’est-ce que vous conseilleriez comme petits lieux où découvrir de jeunes talents ?

B : A l’époque, j’allais beaucoup au FIEALD au Théâtre Trévise et au Café Oscar, rue Montmartre. Ça existe toujours, mais il y a aussi maintenant d’autres lieux qui se sont développés comme le Pranzo sur les Grands boulevards avec sa scène ouverte et le Café de Paris, rue Oberkampf avec le Chinchman Club animé par Aurélien Wiik. Je sais qu’il y a aussi une scène au Galabru le lundi soir et Les Fabuleux Gildas au Dix Heures, le dimanche. C’est souvent le dimanche ou  lundi soir parce que ce sont les jours où généralement les salles n’ont pas de spectacles donc ils peuvent programmer un cabaret ou une scène ouverte.

KA : Nous allons bientôt vous retrouver à l’écran…

B : Oui, il y a la saison 2 des Invincibles qui va être diffusée sur Arte au mois de janvier, enfin février parce qu’ils vont d’abord rediffuser la saison 1. J’ai aussi tourné un téléfilm pour TF1 cet été qui sera diffusé au mois de janvier. Et puis tout ça ce sont des choses sur lesquelles il y aura peut-être des suites, mais ça dépendra des audiences donc je ne peux pas encore vous donner de scoop parce que je ne sais pas (rires).

KA : C’est un même plaisir d’être comédien que de donner un one-man-show ?

B : C’est un plaisir parce que l’idée au départ était d’être comédien, mais aussi bien au théâtre que devant la caméra. Enfin, quand je fais un one-man-show je considère que je suis comédien. Jouer la comédie sous toutes ses formes m’intéresse. C’est chouette de pouvoir alterner, de pouvoir passer de l’un à l’autre.

KA : Vous aimeriez faire partie de la production d’une pièce de théâtre ?

B : J’aimerais bien oui. J’ai déjà joué dans une petite pièce au Festival d’Avignon et en effet, c’est quelque chose que j’aimerais bien refaire. Pour l’instant, je suis sur le one-man-show donc c’est compliqué de cumuler les deux… mais, je pense que j’ai même envie d’écrire une pièce moi-même et pouvoir choisir les gens avec qui j’ai envie de travailler.

KA : Quand vous aviez un peu plus de temps, hormis les scènes ouvertes, vous fréquentiez un peu le théâtre ?

B : Oui, j’allais voir aussi bien des pièces que des one-man-show. J’ai rencontré pas mal de gens qui ne sont pas du tout dans l’humour, qui font du théâtre contemporain, classique ou encore du cinéma expérimental. Je suis très curieux de tout ce qui existe.

KA : Ben, nous vous retrouvons donc dans « le Fou du roi » à 11h30 sur France Inter, le 2 décembre au Festival du Rire de Montreux dans le Gala de Jonathan Lambert, le 9 décembre à Roubaix et votre spectacle est toujours à l’affiche au Temple.

Ben : Et la suite sur ma page facebook « Ben Le spectacle » ! 

Propos recueillis par Angélique Lagarde

Théâtre Le Temple
18, rue du faubourg du temple
75011 Paris
Métro République
Réservations au 08 92 35 00 15
Site : www.theatreletemple.com

 

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