Alain Olliver nous a quittés par Irène Sadowska Guillon

Posté par angelique lagarde le 22 mai 2010

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Alain Ollivier © Pascal Victor – ArtComArt

Alain Olliver, le piéton de la scène

Né en 1938 à Saint-Malo, de sa Bretagne natale il gardait une apparente dureté, une austérité presque ascétique et cette obstination d’un homme fidèle à lui-même, qui avance pas à pas ou, comme l’a dit dans son hommage Philippe Adrien, par bond en avant, un homme discret et secret, exigeant et généreux.

À 20 ans, il se forme à l’École de Charles Dullin où il a pour maîtres Georges Wilson et Alain Cuny. Il remporte le Concours des jeunes compagnies en 1967 avec sa mise en scène de La poudre d’intelligence de Kateb Yacine. Mais Alain Ollivier ne se fixe pas un plan de carrière et, pendant plusieurs années, interrompt son activité de metteur en scène pour celle d’acteur en jouant sous la direction de Bernard Sobel, Roger Planchon, Peter Brook, Jacques Lassalle, Philippe Adrien, Antoine Vitez. À partir de 1979, il revient à la mise en scène, faisant découvrir en France de nombreux auteurs, notamment Thomas Bernhard dont il crée en 1982 L’ignorant et le fou.

Au Studio Théâtre de Vitry qu’il dirige à partir de 1983, il donnera quelques mises en scène inoubliables comme La métaphysique du veau à deux têtes de Witkiewicz, Les bonnes de Genet, Le partage de midi de Claudel, Bivouac de Guyotat avec lequel il poursuit un compagnonnage depuis la création de sa première pièce Bond en avant en 1973. Il fera également découvrir en France à cette époque le dramaturge brésilien Nelson Rodrigues dont il crée Valse n° 6, l’Ange noir et Toute nudité sera châtiée.

Nommé en 2002 à la direction du CDN Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, Alain Ollivier redynamise ce théâtre et l’ouvre davantage à la population locale en l’intégrant dans les activités du CDN. En quittant le Théâtre Gérard Philippe en 2008 il y monte une magnifique version du Cid de Corneille.

Il a trouvé dans le Théâtre le sens de sa vie. Déjà terrassé par la maladie, il travaille jusqu’à ses derniers jours sur son projet de monter La trilogie des Coûfontaine de Claudel. Il nous a quittés à 72 ans le 21 mai 2010, en nous laissant des souvenirs de moments de cet art éphémère qu’il a tant aimé partager avec nous et un livre sur son amour de la scène, son lieu de vie.

À lire Piétiner la scène d’Alain Ollivier aux Éditions Verticales.

Irène Sadowska Guillon

 

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