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A mon âge, je me cache encore pour fumer à la Maison des Métallos par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 10 janvier 2010

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A mon âge, je me cache encore pour fumer © Bastien Capela

A mon âge, je me cache encore pour fumer
De  Rayhana
Mise en scène et Scénographie de Fabian Chappuis
Avec Marie Augereau, Géraldine Azouélos, Paula Brunet Sancho, Linda Chaïb, Rébecca Finet, Catherine Giron, Maria Laborit, Taïdir Ouazine et Rayhana.
A la Maison des Métallos jusqu’au 16 janvier 2010

Reprise du 4 au 29 janvier 2011

Corps de femmes, maux universels

Rayhana, auteure d’origine algérienne a choisi de mettre en exergue les maux de nos sociétés contemporaines au travers des paroles de neuf femmes réunies dans ce lieu hautement symbolique qu’est le hammam, temple de la mise à nu. Après Marie Stuart, avec A mon âge, je me cache encore pour fumer Fabian Chappuis poursuit cette mise en lumière de la force d’une voix de femme et de sa dimension politique au sens originel du terme. 

Neuf femmes se racontent et ce sont autant de tranches de vie qui dévoilent plus que le quotidien, l’universel. La pièce s’ouvre sur Fatima, « masseuse en chef », c’est elle qui à son âge, la cinquantaine, se cache encore pour fumer. Une jeune femme en détresse, Myriam, vient frapper violemment à la porte du hammam, elle « a attrapé » une grossesse et fuit son frère qui veut tout simplement la tuer si elle ne fournit pas de certificat de virginité. Fatima accepte de la cacher pour la protéger. Entre ensuite Samia, la jeune masseuse que nous prenons en affection au premier pas sur scène, désarmante de sincérité, elle attend le grand amour. Se succéderont enfin les clientes : l’institutrice épanouie dans son couple, la femme au foyer qui trouve son plaisir dans les bras de son beau-frère, l’étudiante émancipée, l’immigrée en France, la jeune intégriste et celle qui a un fils à marier.

Le metteur en scène Fabian Chappuis tient à nous démontrer ici que « le sexe même de la femme devient politique ». Des passages difficiles soulèvent le rapport délicat de l’intime au pouvoir. Nous pouvons concevoir certains postulats avec nos oreilles occidentales mais non pas les comprendre. Les tabous sont levés, on aborde le mariage forcé de l’une, la frustration de l’autre, et plus largement l’incapacité de l’homme à comprendre la femme dans son rapport au plaisir. Selon lui,   « le corps des femmes est ce par quoi la violence des hommes arrive. Mais il est aussi le dernier rempart qui protège l’intime », cet intime dévoilé par le rapport au corps de l’autre, par la simple action d’accepter d’être lavé, massé par d’autres mains.

La plume de Ryhana, trempée d’humour, nous délivre ces maux de femmes qui nous racontent à la fois un pays, une nostalgie, un exil, une délivrance mais par-dessus tout confèrent un véritable sens au mot générosité. Le décor épuré mais extrêmement significatif est composé d’un bloc central qui à l’aide d’un jeu de lumières subtil peut devenir une scène de théâtre qui invite ces neufs femmes à exulter tour à tour leurs douleurs et leurs rêves.

Bab el Oued, Paris, New-York ou Bamako, qu’importe… Ce n’est pas l’origine qui fait la femme, mais sa capacité d’amour universel. Si le propos est parfois grave, le ton est léger et beaucoup est dit dans le geste, dans le pas, dans le regard ou dans une simple cigarette fumée en cachette…

Angélique Lagarde

Saluons également l’équipe artistique qui a permis cette réalisation :
Assistante à la mise en scène & direction des choeurs : Stéphanie Labbé
Lumières : Franck Michallet
Vidéo : Bastien Capela
Univers sonore : Pierre Husson
Costumes et danse : Rayhana

Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
Métro Couronnes ou Parmentier
Réservations : 01 47 00 25 20
Site : www.maisondesmetallos.org

Cliquer ici pour lire l’article sur Marie Stuart, la précédente mise en scène de Fabian Chappuis.


Une Réponse à “A mon âge, je me cache encore pour fumer à la Maison des Métallos par Angélique Lagarde”

  1. Communiqué de presse du 12 janvier 2010

    Depuis le 8 décembre, 9 comédiennes montent chaque soir sur
    la scène de la Maison des métallos, Etablissement culturel de
    la Ville de Paris, pour interpréter A mon âge, je me cache
    encore pour fumer. Elles incarnent 9 figures de la féminité aux
    prises avec le refoulement et la violence, réunies dans un
    hammam à Alger.

    A la suite d’une première intimidation verbale en décembre,
    Rayhana, auteure de ce texte et comédienne, a été aspergée
    d’essence en se rendant à la représentation du mardi 12
    janvier. Ses agresseurs lui ont ensuite jeté une cigarette
    allumée au visage, qui n’a fort heureusement pas enflammé
    leur victime. Les paroles de ses agresseurs laissent peu de
    doutes sur le lien existant entre cette tentative d’homicide et
    les représentations en cours d’A mon âge, je me cache encore
    pour fumer.

    Après concertation, la Maison des métallos et la Compagnie
    ont décidé de poursuivre les représentations jusqu’à leur
    terme, la barbarie de cette agression venant confirmer à leurs
    yeux la pertinence et la justesse de ce texte.

    Signataires : la Maison des métallos et la compagnie Orten

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