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Jacques Prévert, Paris la Belle par Bilguissa Diallo

Posté par angelique lagarde le 5 décembre 2008

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Joseph Kosma, Jacques Prévert, Marcel Carné, Jean Gabin, Alexandre Trauner dans le Midi de la France, vers 1945 – © D.R. / Collection privée Jacques Prévert

Jacques Prévert, Paris la Belle –Exposition à l’Hôtel de Ville de Paris jusqu’au 28 février 2009

Le vieil oncle Jacques

Jacques Prévert fait partie de ces monuments français qu’on a tous l’impression de connaître sans nécessairement être capable de citer leurs œuvres. Il fallait donc une exposition telle que celle-ci pour nous remémorer à quel point il fut un artiste au sens le plus large et noble du terme.

Intimiste, c’est le mot qui nous vient à l’esprit au sortir de cette promenade dans la vie de Prévert. Pour notre plus grand bonheur, sa famille a prêté ses archives personnelles à la ville de Paris. Ainsi, on découvre le contexte dans lequel il a grandi, ses premiers textes, son certificat d’étude, sa lettre de renvoi du Bon Marché pour « retard et détournement d’une vendeuse » et ses balades dans le Paris pauvre de l’époque en compagnie de son père, qui travaillait pour les œuvres sociales. L’amitié était visiblement une valeur clé chez cet homme qui s’est beaucoup construit au gré des rencontres. Prévert nous entraîne dans l’univers des surréalistes (Queneau, Breton, Giacometti) qu’il a côtoyé dans ses jeunes années, lorsqu’il vivait rue du Château, dans le 14ème arrondissement de Paris. On apprend d’ailleurs qu’il s’en est éloigné pour écrire au sein du groupe Octobre très ancré dans le monde ouvrier et contestataire.

Nous retrouvons ensuite le Prévert mythique, scénariste pour les plus grands cinéastes de l’époque, Carné, Autant-Lara, Renoir. Les extraits des films dont il a écrit les dialogues nous plongent dans un Paris qui charme même les plus réfractaires… Le « T’as d’beaux yeux, tu sais » de Gabin dans Quai des Brumes… c’était lui. Les feuilles mortes, chantée par Montant ou Gréco, adaptée en anglais également, c’était lui aussi. Auteur de théâtre, scénariste, parolier, poète, écrivain d’ouvrage jeunesse… que n’a-t-il fait. Il s’est même passionné pour les collages, véritables œuvres d’arts exposées déjà de son vivant et désormais sous nos yeux ébahis, d’ailleurs Picasso disait de lui « Tu ne sais pas peindre, mais tu es peintre ».

Sa vie fut une balade artistique dans la France du 20ème siècle et les multiples talents de cet homme ont fortement contribué à construire l’image de cette France-là. La visite vaut le détour, on en sort souriant, comme lorsqu’on vient de passer l’après-midi auprès d’un vieil oncle qui vous a émerveillé en vous racontant ses aventures… Alors il serait dommage de s’en priver !

Bilguissa Diallo

Jacques Prévert, Paris la Belle
Exposition gratuite de 10h à 19h jusqu’au 28 février 2009 (sauf le dimanche)
Hôtel de Ville -  Salle Saint-Jean
5 rue Lobau, 75004 Paris

 

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